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Réparation d'une M1, page 2

Le contexte des « Clocks, Message Center »

Pour un collectionneur


Ce type de pièce d’horlogerie n’a pas une grande valeur intrinsèque.
L’important est qu’elle fonctionne et garde son heure durant sa semaine d’armage. L’état général, l’authenticité des aiguilles, la clé d’armage d’origine est un plus. Si le collectionneur dispose de photos historiques, de détails, de documents d’époque et connaît un peu son parcours et son histoire, cela rajoute de la valeur à l’horloge.


Pour les théâtres d'opération


Chelsea a produit des horloges déplaçables facilement, les « Clocks, Message Center » placées dans des boîtes en bois refermables et avec une lanière de cuir pour le transport.
Deux dimensions ont été utilisées : modèles M1 et M2 respectivement de diamètres 12 et 16 cm.
Les horloges ont les trois aiguilles classiques et une de plus qui s’appelle la « zulu hand », souvent de couleur rouge. Elle donne l’heure dite « zoulou », soit celle que l’on désire mais généralement celle de Greenwich (GMT dite désormais UTC), heure standard et de référence.


L'horloge qui nous intéresse dans cet article

Chelsea Modèle M1 vu sous différents angles

Le numéro de série


La Chelsea Clock Company maintient, sur son site web, la liste des numéros de série de ses horloges depuis 1897. Il est ainsi facile d’avoir une idée de la date de production.

Voir cet article

Gravures : sur le mécanisme, au couteau derrière le boîtier, sur la boîte en bois.
Le plus important est le numéro du mécanisme ; il est gravé dessus, soit dans notre cas 383116.
Les références Chelsea pour les années de 1940 à 1944 vont de 256236 à 472765.
Un rapide calcul donne la date de fabrication du mécanisme : 1942.
Le numéro de série d'une « Clock, Message Center » est toujours reporté sur la boîte de bois en haut à gauche. Pour le modèle en question, il est différent, soit 414719.
De même, derrière le boîtier se trouve un autre numéro gravé au couteau soit 381510.
Cela montre que la présente « Clock, Message Center M1 » est en fait le rassemblement de trois éléments de trois horloges différentes : un mécanisme, un boîtier en bakélite, une boîte en bois. Cela est simple à réaliser car les cotes Chelsea sont standards pour chaque type de modèle.
Cela n’est guère surprenant et cela arrivait. En effet n’oublions pas que ces horloges était des baroudeuses et sont allées sur tous les terrains d’opérations, en particulier durant la Seconde guerre mondiale, sur mer ou sur terre et malmenées durant les transports ou les combats. Il était ainsi fréquent que des accidents ou des destructions partielles surviennent.
De plus, la bakélite a un inconvénient, elle est cassante en cas de choc et a tendance à s’altérer (cloquer ou se fendiller) avec le temps et les usages extrêmes imposés aux horloges.
On pourrait croire que ce mélange fait perdre de la valeur à la pièce d’horlogerie.
Bien au contraire, l’important est le mécanisme et son bon fonctionnement ; l’entourage importe peu pourvu que la pièce puisse poursuivre sa tâche au lieu d’aller au rebut.
Il est plus que rarissime de trouver une Chelsea d’avant 1945 en état purement d’origine.

Modèles M1 en opération


Premier modèle

 

Station de transmission radio de la « Big Red One ».

 

 

Sur la gauche, un modèle Chelsea « Clock, Message Center - Model M1 » de la première division d’infanterie US (1st Infantry Division), surnommée la « Big Red One » en relation avec son insigne d’unité. Elle est un des bataillons américains les plus connus. Elle combattit pendant la première guerre mondiale, mais surtout durant la deuxième, notamment en Afrique du Nord, en Sicile, dans les Ardennes, en Allemagne et en Tchécoslovaquie. Elle eut un rôle décisif le 6 Juin 1944 en débarquant sur la plage d’Omaha Beach. Avec la 29th Infantry Division, elle composait les premières vagues d’assaut sur la plage.
On voit l'insigne de l'unité sur le casque. L’homme debout avec le téléphone est soit un major soit un lieutenant-colonel de l’unité. Le symbole de grade sous l’insigne de l‘unité est une feuille de chêne. En blanc il correspond au grade de major (équivalent d'un commandant dans l'armée de terre française) et en jaune au grade de lieutenant-colonel, mais sur le cliché, on ne voit pas la différence de couleur.


Le cliché est certifié


Il provient du fond de photographies de l’US Navy et est autorisé à être publié.

Insigne d’unité de la « Big Red One » | Certificat d’autorisation de publication © Culver Pictures, Inc, au verso du cliché.

​​Deuxième modèle

Une horloge M1 dans un véhicule.

 

 

Il est placé à l’arrière d’un véhicule de reconnaissance (scout car en anglais) dont on voit quelques détails en haut du cliché.
Notons que le boîtier est en métal (bronze ou laiton). Chelsea a commencé à utiliser les boîtiers de sa production pour navires de plaisance. Lorsque le métal est devenu stratégique, la firme s’est tournée vers des prestataires plus spécialisés dans des boîtiers moulés utilisant des matières plastiques comme la bakélite, qui revenaient au passage moins cher, ne demandaient aucun entretien et ne subissaient pas d’oxydation.

Les dimensions


Boîte en bois :

  • Fermée : largeur 20, hauteur 20, profondeur 13 (cm)

  • Ouverte : largeur 20, hauteur 18, profondeur 26 (cm)

On constate ainsi que la boîte en bois est de petite taille, ses dimensions lui permettaient d’être placée dans n’importe quelle position ; certains véhicules de transmission disposaient parfois d’un emplacement spécifique pour le rangement en sécurité durant les transports. En conséquence la taille (12 cm) du cadran est faible mais cela n’avait pas d’importance car les opérateurs radio étaient très proches de l’horloge.

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